Journal des désastres survenus en Afghanistan, 1841–1842

Description

Lady Florentia Wynch Sale (1790–1853) fut l'épouse de sir Robert Henry Sale (1782–1845), officier de l'armée britannique qui servit en Inde et en Birmanie, et participa à l'invasion funeste de l'Afghanistan, qui déclencha la première guerre anglo-afghane (1839–1842). L'objectif de l'invasion était de renverser l'émir d'Afghanistan, Dost Muhammad Khan, et de le remplacer par Shah Shujaʻ, ancien souverain, jugé plus favorable aux Britanniques. Les forces anglo-indiennes entrées dans le pays dominèrent rapidement la résistance et occupèrent Kaboul et d'autres cités importantes. Persuadé à tort que les Afghans avaient été pacifiés, Sale, comme d'autres officiers et administrateurs civils britanniques, demanda à son épouse de le rejoindre, d'abord à Jalalabad, puis à Kaboul. Suite à un violent soulèvement survenu le 2 novembre 1841, les gouvernements britannique et afghan signèrent un traité en vertu duquel les forces anglo-indiennes d'occupation acceptaient d'évacuer le pays et bénéficiaient d'une garantie de non-agression lors de leur retour en Inde britannique. Le nouvel émir, Akbar Khan (1816–1845, règne : 1842–1845), fils de Dost Muhammad, ne respecta pas les conditions du traité, et prit en otage, en janvier 1842, Lady Sale et sa fille, Alexandrina, ainsi que des officiers et des soldats britanniques, et d'autres femmes et enfants. 63 otages furent détenus au total, dont plusieurs moururent en captivité. Les prisonniers furent finalement libérés suite à neuf mois de détention, après avoir proposé de verser une rançon importante à leurs geôliers afghans. Blessée d'une balle au poignet lors du combat initial, Lady Sale s'efforça de tenir son journal intime, commencé à Kaboul en septembre 1841, en y notant fréquemment ses témoignages jusqu'à sa libération en septembre de l'année suivante. Avec l'ouvrage Les opérations militaires à Kaboul, qui conduisirent à la retraite et à la destruction de l'armée britannique, janvier 1842 du lieutenant Vincent Eyre, le Journal des désastres survenus en Afghanistan, 1841–1842 de Lady Sale est l'un des deux témoignages directs du calvaire vécu par les otages britanniques. L'ouvrage fut publié à Calcutta en 1843. L'auteure relate les épreuves subies par les prisonniers, les rencontres avec des Afghans à la fois amicaux et hostiles, les combats dont elle a été le témoin et les négociations relatives à la libération des prisonniers. L'ouvrage contient un glossaire de « mots en persan, en hindi et dans d'autres langues orientales », utilisés dans le texte, ainsi qu'un plan dépliant des cantonnements installés autour de Kaboul. L'annexe contient le texte du traité entre les autorités britanniques et afghanes, conclu le 11 décembre 1841, relatif à l'évacuation et aux garanties de non-agression. Suite à la publication de son journal, Lady Sale fut largement célébrée comme une héroïne en Grande–Bretagne.

Dernière mise à jour : 27 juillet 2016