Mélanges d'histoire et de philologie orientale

Description

Mélanges d'histoire et de philologie orientale, publié à Paris vers 1854, est un ouvrage commémoratif honorant les 60 ans de carrière de l'orientaliste français Étienne-Marc Quatremère (1782‒1857). Le volume comprend des textes de Quatremère sur les Phéniciens, sur l'Ophir biblique, sur le roi Darius de Perse et le roi Balthazar de Babylone, sur les sciences arabes, ainsi que sur des études de Jérusalem et de la rivière Jordan. Les essais reflètent l'érudition de l'auteur et les intérêts très diversifiés qu'il portait au Proche-Orient ancien et moderne, à son histoire et ses langues, aux études bibliques, à la traduction de textes et à leur analyse. Quatremère naquit à Paris dans une famille aisée de négociants. Son père fut tué lors de la Terreur révolutionnaire de 1793‒1794, alors que le garçon n'avait que 12 ans. Sa mère remit sur pied l'entreprise familiale et Étienne poursuivit des études classiques complètes. Il étudia et enseigna les langues sémitiques et persanes, et il apprit également le turc et le copte. Ses travaux sur les hiéroglyphes égyptiens ressemblent à certains égards à ceux de Jean-François Champollion (1790‒1832), dans ce qui fut considéré comme une rivalité académique entre les deux hommes. Récipiendaire de nombreux prix et nominations prestigieuses, Quatremère quittait rarement son domicile et ne voyagea jamais vers les régions du monde qu'il étudiait avec tant d'enthousiasme. En effet, il était plutôt solitaire, critiqué par certains pour son dévouement excessif au travail. À sa mort, il laissa une bibliothèque de plus de 40 000 volumes, dont 1 200 manuscrits, acquise par le roi Maximilien II de Bavière. Le premier essai de Mélanges d'histoire et de philologie orientale porte sur « le goût des livres chez les Orientaux ». Quatremère y souligne la différence entre l'étude des livres et l'exposition des livres. Ce recueil comprend également un essai biographique sur Quatremère de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire (1805‒1895), journaliste et homme politique connu pour ses écrits philosophiques. La copie de la Bibliothèque du Congrès présentée ici possède un tampon avec l'inscription en japonais Minami Manshū Tetsudō Kabushiki Kaisha Tōa Keizai Chōsakyoku zōsho no in (Sceau de la collection conservée à la compagnie ferroviaire de Manchourie du Sud, Bureau de recherches économiques d'Asie orientale). Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la Société des chemins de fer de Manchourie du Sud s'engagea dans un travail de renseignement et d'activités opérationnelles au nom de l'armée impériale japonaise, notamment dans des tentatives de soulèvement auprès des musulmans contre l'autorité russo-chinoise. Le volume fut vraisemblablement confisqué par les forces armées américaines à la fin de la guerre, puis transféré à la Bibliothèque du Congrès.

Dernière mise à jour : 17 mars 2016