Les boutriers de la mer des Indes : affaires de Zanzibar et de Mascate

Description

Les boutriers de la mer des Indes : affaires de Zanzibar et de Mascate est une histoire diplomatique relative à la confrontation entre la France et la Grande-Bretagne, au XIXe siècle, concernant ces territoires. L'intention de la Grande-Bretagne était de préserver la sécurité maritime dans l'océan Indien, tandis que la France s'efforçait de maintenir ses quelques avant-postes commerciaux et son influence diplomatique à Mascate, à Zanzibar et sur la côte de l'Afrique de l'Est. L'auteur, Charles Brunet, estime que la position française était vouée à l'échec du fait de la « pusillanimité et de la stupidité » du gouvernement français face à l'agressivité britannique. Brunet était un homme de lettres et une figure politique de La Réunion, territoire d'outre-mer français. Cet ouvrage est sa thèse doctorale. L'auteur commence par une introduction historique, une description romantique du commerce traditionnel des boutres à deux mâts et un examen relatif au savoir-faire de leurs capitaines omanais. Il développe ensuite le thème central de son étude, qui retrace de manière extrêmement détaillée, à partir du fonds documentaire des textes disponibles, la progression des acquisitions territoriales britanniques au détriment des Français et de leurs alliés omanais et africains. Les autorités françaises de la région tentèrent de maintenir leurs positions contre l'expansion de l'influence britannique par un ensemble de mesures destinées à réglementer le commerce effectué à l'aide de boutres. Les Britanniques s'opposèrent à ces mesures en utilisant la lutte contre l'esclavage comme prétexte pour étendre leur contrôle maritime. L'auteur affirme qu'un jugement de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye prononcé en 1905 fut largement défavorable aux Français, car les mises en garde des autorités officielles françaises dans la région avaient été ignorées et résultaient de la mauvaise connaissance, voire de la stupidité des ministres français, de l'ignorance des négociateurs, du silence de la presse et de l'indifférence du parlement français. Brunet conclut que « l'issue d'une rivalité franco-anglaise dans ces conditions n'était pas douteuse ».

Dernière mise à jour : 29 décembre 2015