Récit d'une mission à Boukhara, de 1843 à 1845, visant à déterminer le sort du colonel Stoddart et du capitaine Conolly

Description

En décembre 1838, le colonel Charles Stoddart arriva à Boukhara (en Ouzbékistan actuel), où il avait été envoyé en mission par la Compagnie anglaise des Indes orientales pour établir une alliance avec le khanat contre l'Empire russe, dont l'expansion en Asie centrale préoccupait les Britanniques. Le souverain de Boukhara, Nasrullah Khan (règne : 1827‒1860), fit emprisonner Stoddart dans un cachot infesté de vermine sous la forteresse de l'Arche pour avoir manqué de s'incliner devant lui, d'apporter des présents et de montrer les signes de respect qui, selon l'émir, lui étaient dus. En novembre 1841, le capitaine Arthur Conolly, compagnon d'armes mieux connu pour avoir été le premier à utiliser l'expression de « Grand Jeu » (lutte d'influence en Asie centrale entre les Britanniques et les Russes), se rendit à Boukhara afin d'obtenir la libération de Stoddart. Il fut également jeté en prison par l'émir et, le 17 juin 1842, ils furent tous deux exécutés. N'ayant pas eu vent en Grande–Bretagne de la nouvelle de leur exécution, le Dr Joseph Wolff (1795–1862) partit en mission en 1843 à Boukhara pour déterminer le destin des deux hommes. Wolff, jouissant d'une grande expérience au Moyen–Orient et en Asie centrale, offrit ses services à un comité formé à Londres dans le but de secourir les prisonniers. Wolff, brillant, courageux et excentrique, naquit en Allemagne dans la famille d'un rabbin. Toutefois, il se convertit très jeune du judaïsme au catholicisme romain. Il étudia la théologie et les langues du Proche–Orient en Autriche et en Allemagne, puis il s'installa à Rome pour devenir missionnaire. À la suite d'un différend avec l'Église concernant des questions théologiques, il devint anglican. En 1821, il commença sa carrière de missionnaire auprès des juifs du Moyen–Orient et d'Asie centrale, et il passa en tant que tel de nombreuses années à travailler dans la région, jusqu'en Afghanistan à l'est. Wolff, qui faillit lui–même être exécuté à Boukhara, parvint à revenir en Angleterre avec l'aide du gouvernement persan et rapporta ce qu'il était advenu de Stoddart et de Conolly. Dans Récit d'une mission à Boukhara, Wolff raconte sa mission. L'ouvrage contient d'abondantes informations sur les pays à travers lesquels il voyagea (aujourd'hui la Turquie, l'Iran et l'Ouzbékistan), notamment sur les pratiques et les croyances religieuses des musulmans, des juifs et des chrétiens qu'il rencontra. Wolff dénonce Nasrullah Khan, le qualifiant de « cruel scélérat » coupable de « l'atrocité infâme » du meurtre des officiers. Le livre, qui parut en sept éditions durant les sept premières années suivant sa publication, inclut des dessins au trait de personnes notables et ordinaires.

Date de création

Informations d'édition

Harper & Brothers, New York

Langue

Titre dans la langue d'origine

Narrative of a mission to Bokhara, in the years 1843-1845, to ascertain the fate of Colonel Stoddart and Captain Conolly

Type d'élément

Description matérielle

384 pages : planches, portraits ; 23 centimètres

Références

  1. E.I. Carlyle, revised by Todd M. Endelman, “Wolff, Joseph (1795‒1862)” (Oxford, U.K.: Oxford University Press, 2004).
  2. Peter Hopkirk, The Great Game: On Secret Service in High Asia (Oxford, U.K.: Oxford University Press, 2001).

Initiative IIIF pour l’interopérabilité des images Aide

Dernière mise à jour : 30 septembre 2016