Recueil de poèmes de Tarzi

Description

Divan-i Ṭarzī (Recueil de poèmes de Tarzi) contient des vers de Ghulām Muḥammad Ṭarzī (1830−1900), abordant pour la plupart la piété, l'éthique, la politique et la société en Afghanistan au XIXe siècle. Issu d'un milieu distingué, Tarzi appartenait à la branche des Mohammadzaï de la famille Durrani, une des deux principales lignées pachtounes afghanes, l'autre étant les Ghilzai. En raison de leurs liens avec Mohammad Ya'qub Khan, Tarzi et sa famille furent expulsés d'Afghanistan en 1882−1883 par Abdur Rahman Khân, parent de Ya'qūb Khān et rival prétendant au trône afghan. Le sentiment de désolation causé par cet exil, imprègne bon nombre des poèmes de Tarzi. Chaque poème est consacré à un thème, un sens et un lieu spécifiques. Par exemple, un poème loue les vers de Mirza 'Abd al-Qādir Bīdil, célèbre poète soufi persan qui joua un rôle essentiel dans le développement de la poésie persane « de style indien » à la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe. Dans une autre composition, Tarzi félicite le mariage de Mohammad Ya'qub Khan, qui fut brièvement émir d'Afghanistan en 1879, après avoir signé le traité de Gandamak cédant le contrôle des affaires étrangères de l'Afghanistan aux Britanniques. Le titre de chaque poème est rubriqué, et il indique où il fut écrit et dans quel but. À la page 336 par exemple, l'auteur note : « Ce ghazal fut composé à Kandahar en réponse à Neamat Khan ». Certains poèmes sont dépourvus de titre, mais ils se distinguent par leur conclusion avec le pseudonyme de l'auteur, tarzi (styliste). Le volume proprement dit ne présente pas de titre. Les noms et les sceaux des bibliothèques personnelles des différents propriétaires et lecteurs, notamment ceux d'Abdul Rauf Khan Tarzi, descendant de l'auteur, figurent sur la couverture et les dernières pages. Le contenu est organisé en deux parties : la première, la plus longue, contient des ghazal (vers lyriques), tandis que la seconde, les 50 dernières pages, comporte des rubai (quatrains). Le texte est écrit dans différentes versions du nasta'liq persan, telles que le nasta'liq clair, le discontinu et le tendu. Le livre est constitué de papier de qualités et de couleurs variées ; la plupart du texte est rédigé sur du papier ordinaire crème collé sur un fond marbré. Les pages furent numérotées en style perso-arabe par un lecteur. Rien ne permet de déterminer si les notes dans les marges furent écrites par l'auteur ou par des lecteurs anonymes. Le texte final est une œuvre en prose, dans laquelle Tarzi souligne sa vertu, sa tristesse et sa loyauté.

Dernière mise à jour : 30 septembre 2016