Akogi

Description

Le nô, forme classique de théâtre japonais, s'est développé aux XIVe et XVe siècles sous le patronage du shogunat. Il devint l'un des passe-temps favoris de la classe régnante au Japon. Le nô combine la dance et la musique. Un utai-bon (livre de paroles) était réalisé pour chaque chanson de la pièce. Le nô atteignit son apogée au XVIIe siècle, et de nombreux utai-bon, ou libretti de nô, furent publiés à cette époque. L'ouvrage présenté ici, une partie d'un utai-bon du style de l'école de nô appelée Kanze-ryū, fut imprimé avec des caractères en bois au cours de l'ère Keichō (1596−1615). Il contient 100 poèmes en 100 volumes, et Akogi, ou Akoki, est l'un d'entre eux. Le type de caractère utilisé est celui de l'école Kōetsu. Selon leurs décorations et le style des caractères, les utai-bon de l'école Kōetsu appartiennent à différents groupes. La surface de la couverture et le fond des pages micacés permettent de classer le livre dans la catégorie du « style spécial ». De par leurs décorations raffinées, ces livres de style spécial sont les plus beaux ouvrages de l'école Kōetsu. Le nom Akogi vient de la baie d'Akogi-ga-ura, qui se trouvait dans le domaine sacré du sanctuaire d'Ise (sur la côte sud-est de l'île principale Honshū), où la pêche était interdite. Dans ce drame nô, le fantôme d'un pêcheur, condamné à mort par noyade pour avoir braconné du poisson dans la baie, raconte l'histoire de son agonie. Les tragédies personnelles racontées par des fantômes, ou esprits tourmentés, sont l'un des thèmes les plus utilisés dans le théâtre nô.

Dernière mise à jour : 26 février 2014