Jardin de l'émir, à Jalālābād

Description

Ce cliché du jardin de l'émir, à Jalālābād, est extrait d'un album de photographies historiques rares de personnalités et de sites associés à la seconde guerre anglo-afghane. Le site de la ville moderne de Jalālābād fut choisi par Zahīr al-Dīn Muhammad Bābur (1483-1530), premier empereur moghol. La construction débuta en 1560 sous son petit-fils, l'empereur Jalaluddin Muhammad Akbar (1542–1605), qui supervisa la réalisation de nombreux jardins dans la ville. De nombreux jardins moghols furent inspirés du style décoratif persan appelé chahar bagh (« quatre jardins », conception divisant le jardin en quatre parties séparées par des canaux ou des chemins droits). La photographie montre deux sentinelles se tenant près d'une rangée d'arbres qui disparaît derrière une résidence d'été circulaire au centre. La seconde guerre anglo-afghane commença en novembre 1878 lorsque la Grande-Bretagne, se sentant menacée par l'influence croissante des Russes en Afghanistan, envahit le pays depuis l'Inde britannique. La première phase de la guerre s'acheva en 1879 avec le traité de Gandamak, qui permit aux Afghans de conserver leur souveraineté nationale, mais les força à céder le contrôle de leur politique étrangère aux Britanniques. Les combats reprirent en septembre 1879, à la suite d'un soulèvement antibritannique à Kaboul, et ils se conclurent finalement en septembre 1880 avec la bataille décisive de Kandahar. L'album contient des portraits de dirigeants et de militaires britanniques et afghans, mais également d'Afghans ordinaires, ainsi que des représentations de camps et d'activités militaires britanniques, de structures, de paysages, et de villes et de villages. Les sites photographiés sont tous situés sur le territoire de l'actuel Afghanistan ou Pakistan (une partie de l'Inde britannique à l'époque). Près d'un tiers des photographies furent prises par John Burke (1843–1900 env.), un second tiers par sir Benjamin Simpson (1831–1923) et le reste par plusieurs autres photographes. Les auteurs de certains clichés ne sont pas identifiés. Bien que cette théorie ne fût jamais confirmée, l'album fut vraisemblablement compilé par un membre du gouvernement indo-britannique, et les circonstances de son arrivée dans les collections de la Bibliothèque du Congrès restent inconnues.

Dernière mise à jour : 30 septembre 2016