Recueil de poèmes de Kalīm

Description

Abū Ṭālib Kalīm Hamadānī (ou Kāshānī ; mort en 1651, soit l'an 1061 après l'Hégire) fut l'un des poètes persans les plus notables du XVIIe siècle. Né à Hamadan (aujourd'hui en Iran), il aurait toutefois passé une grande partie de sa vie à Kashan (également en Iran), d'où le nom de Kāshānī. Il étudia à Kashan et à Chiraz, avant de s'installer en Inde pour servir auprès du souverain moghol Jahangir (règne : 1605–1627). Abū Ṭālib fut ainsi l'un des nombreux lettrés et poètes persans qui quittèrent le pays à la recherche d'un mécénat sur le sous-continent indien à partir du XVIe siècle. Auprès du successeur de Jahangir, Shah Jahan (règne : 1628–1658), Abū Ṭālib atteignit le rang de poète lauréat. Plus tard dans sa vie, il aurait accompagné Shah Jahan au Cachemire, où il vécut jusqu'à sa mort. Abū Ṭālib doit essentiellement sa renommée à son ghazalīyāt (forme métrique exprimant la douleur de la perte et la beauté de l'amour). Parmi les 10 000 vers de son divan (recueil de poèmes), près de la moitié fut composée en ghazal. Il est particulièrement célèbre pour l'inventivité de ses thèmes, qui lui valut le surnom de khallāq al-ma'āni (créateur de sens). L'originalité de ses khayāl bandi (concepts rhétoriques) et la justesse de ses mithālīya (illustrations) constituent d'autres caractéristiques de sa poésie. Abū Ṭālib fut également l'auteur de Shāh Jahān Nāma (Le livre de Shah Jahan), ouvrage qui, conformément au style de l'épopée Shāhnāma (Le livre des rois), fait l'éloge de Tamerlan et des souverains timourides jusqu'à Shah Jahan. Dans cet exemplaire enluminé du divan d'Abū Ṭālib, le maqta' (vers final) de bon nombre des poèmes, qui inclut généralement le takhalluṣ (pseudonyme du poète), est écrit dans un cadre qui lui est exclusivement destiné. Le colophon indique l'an 1103 après l'Hégire (1691–1692).

Dernière mise à jour : 12 novembre 2014