Les lumières célestes à la gloire du meilleur de la création

Description

Ce manuscrit renferme le texte d'Al–kawākib al–durriyah fī madḥ khayr al–bariyah (Les lumières célestes à la gloire du meilleur de la création), célèbre poème en l'honneur du prophète Mahomet. L'œuvre est plus connue sous le nom Qasidat al–Burdah (Le poème du manteau). Elle fut composée par Abou Abdallah Mohammed ibn Saïd al–Bousiri (1213–1296 env.), poète soufi d'origine berbère qui vécut en Égypte sous l'ère des Mamelouks. Le manteau (ou cape) fait référence à un miracle du prophète Mahomet. Al–Bousiri, paralysé suite à une attaque, affirma que le Prophète lui apparut en rêve et l'enveloppa dans son manteau, le guérissant de sa condition. Écrit en mètres basit lyriques forts, Qasidat al–Burdah compte quelque 160 vers. Plus tard, d'autres poètes augmentèrent la version d'origine ou composèrent des poèmes similaires. Qasidat al–Burdah aborde des thèmes tels que la nécessité de contrôler les caprices de soi, le choix du Prophète de vivre dans la pauvreté, sa souffrance, son isra (voyage nocturne) et son intercession en faveur des pieux le jour du Jugement dernier. Le poème, qui fit l'objet de plus de 90 commentaires et traductions en différentes langues, demeure pertinent du fait de sa beauté et des leçons qu'il transmet sur la spiritualité, la moralité, l'histoire et l'expression littéraire. De nombreux vers de Qasidat al–Burdah ornent les tombes, les palais ou les édifices religieux, faisant de cette ode sans doute le second texte de calligraphie arabe le plus utilisé dans l'architecture islamique, après le Coran. Selon le professeur de l'université de Cambridge Timothy Winter, le poème est « très probablement le plus influent et le plus populaire de l'histoire, quelle que soit la langue ». Ce manuscrit, vraisemblablement produit en Égypte au XVIe siècle, fut rédigé en caractères thoulouth mamelouks. Les pages, en papier épais de couleur crème, contiennent huit vers. Le texte alterne entre des vers en caractères gras à l'encre dorée, avec des contours noirs, et des vers à l'encre noire. Le volume inclut un 'unwan (panneau décoratif, généralement en ouverture d'un traité) sophistiqué embelli à l'encre dorée, bleue et verte. Il ne comporte pas de corrections, de signes ou de réclames dans les marges. Le nom des deux scribes qui exécutèrent ce manuscrit, Husayn Pasha et Ahmad Pasha, sont indiqués dans le colophon (ajouté ultérieurement par une main différente).

Dernière mise à jour : 14 avril 2017