Les quatre livres sur la médecine d'Octavius Horatianus et les trois livres d'Abū Al-Qāsim, le plus distingué des chirurgiens

Description

Ce volume, imprimé à l'atelier Argentorati de Strasbourg en février 1532, inclut deux ouvrages. Le premier est la traduction en latin de Theodorus Priscianus (actif en l'an 400 env.) de son propre recueil sur la thérapeutique, Euporista (Remèdes faciles à préparer), à l'origine écrit en grec. Le second est la traduction d'une partie du célèbre ouvrage médical arabe d'Abu al-Qasim Khalaf ibn al-Abbas al-Zahrawi (également connu sous le nom latinisé Albucasis, 936–1013 env.), Al-Taṣrīf li man ‘ajiza al-ta’līf (La méthode [médicale] pour celui qui ne pourrait composer [un manuel pour lui-même]). On sait peu de choses sur ces deux auteurs. Theodorus Priscianus, médecin nord-africain, fut l'élève de Vindicianus. La version grecque de son recueil fut perdue. Euporista fut initialement organisé en trois parties, suggérant que la quatrième partie dans la traduction latine est associée au texte de De physicis, seul ouvrage de Theodorus encore existant aujourd'hui (bien qu'incomplet). Cette édition de 1532 fut publiée sous le nom d'Octavius Horatianus. Le nom d'al-Zahrawī indique que ce dernier naquit à Madinat al-Zahrā, près de Cordoue, en al-Andalus (Andalousie, ou en Espagne actuelle). Selon les sources les plus anciennes, il mourut en al-Andalus après l'an 1009. Les biographes ultérieurs affirment qu'al-Zahrawī servit auprès des cours andalouses d'Abd al-Raḥman III (règne : 912–961), d'al-Ḥakam II al-Mustanṣir (règne : 961–976), ou d'al-Manṣūr bi llāh, souverain de facto d'al-Andalus (règne : 978–1002). Le monumental Al-Taṣrīf est la seule œuvre d'al-Zahrawī encore existante aujourd'hui. L'ouvrage fut écrit en 30 chapitres. Le premier chapitre (sur les principes généraux), le second (sur les symptômes et les traitements des maladies) et le trentième (sur la chirurgie) constituent presque la moitié de l'ouvrage. Al-Taṣrīf bénéficia d'une grande notoriété dans le monde islamique et en Europe. Les premier et second chapitres furent traduits au milieu du XIIIe siècle en hébreu, puis en latin, et ils parurent à Augsbourg en 1519 sous le titre Liber theoricae nec non practicae alsaharavii. Le 28e chapitre, sur « l'amélioration des médicaments, le brûlage des pierres minérales et ses vertus médicinales », initialement imprimé à Venise en 1471 par Nicolas Jenson, fut traduit en hébreu, puis en latin à la fin du XIIIe siècle sous le titre Liber servitoris. Le 30e chapitre présenté ici, sur la chirurgie, est le premier traitement complet et illustré sur le sujet. Le long chapitre est divisé en trois parties, ou livres : un sur la cautérisation, un sur la phlébotomie, la dissection, les blessures et l'extraction des flèches, et un sur les dislocations et la manipulation articulaire. Ce chapitre, traduit en latin à Tolède par Gérard de Crémone sous le titre Liber alsaharavi de cirurgia, fut imprimé pour la première fois à Venise en 1497, puis de nouvelles éditions parurent en 1499, 1500, 1520, 1532 et 1540.

Dernière mise à jour : 17 juin 2014