IntervenantBarbara A. Tenenbaum

Institution Bibliothèque du Congrès

SujetLettre de confirmation de la Lettre de noblesse (1600)

Ce magnifique manuscrit en vélin contient des illustrations en violet, vert, rouge, bleu, brun, blanc et jaune avec des feuilles d'or, rares au Mexique au début du 17ème siècle. Sur la première feuille, nous voyons Marie avec l'enfant Jésus entourée de nuages. Au dessous se trouve une représentation du Christ s'adressant à un saint homme en habit franciscain. L'usage d'une iconographie religieuse fut probablement conçu comme une supplique interne, pour montrer que ce qui suivait était effectué par quelqu'un avec une sensibilité et des valeurs religieuses. D'un autre côté, il se trouve un portrait en pied du patriarche du clan Martínez, Ferrán Martínez, en complète armure contemplant les armoiries de la famille. Le manuscrit présente également une très belle reliure, également inhabituelle pour cette période au Mexique. Il s'inscrit dans le cadre d'un procès intenté par Magdalena Martínez de Orejón et son frère Francisco Martínez Orejón contre Martín Lopez Arenchu. En revendiquant sa noblesse, Martínez Orejón pouvait éviter la prison si le verdict devait lui être défavorable.

Tout ceci semblerait moyennement intéressant, à l'exception d'un fait marquant. Magdalena Martínez de Orejón était l'épouse de Sébastien Vizcaino, un commerçant bien connu de la ville de Mexico fondateur de la ville de La Paz, l'actuelle capitale de l'État mexicain de Baja California Sur. Vizcaino arma trois navires et prit la mer depuis Acapulco jusqu'à Baja California aux ordres du Vice-roi. Plus tard, il arma une autre expédition dans cette région, débarquant d'abord à Cap-Saint-Sébastien puis remontant tout le long jusqu'à Cap Mendocino dans ce qui devint l'État de Californie aux États-Unis. En route, il découvrit une baie qu'il nomma d'après le Vice-roi de Nouvelle-Espagne, le Comte de Monterrey. Voilà donc son témoignage attestant de la noblesse de son épouse et de son frère, enluminé de façon appropriée pour refléter son statut considérable dans la colonie.