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17 octobre 2014

Démonstration de claquement de fouet, L.K. Edwards, Junior

Démonstration de claquement de fouet, L.K. Edwards, Junior

Frederic Remington présenta le cowboy « Cracker de Floride » aux Américains dans le numéro d'Harper's Magazine paru en août 1895. Remington fit de nombreuses esquisses des bouviers de Floride. Il s'inspira également dans ses écrits de cette souche d'éleveurs farouchement indépendants, qui élevaient leurs bêtes et tenaient tête aux voleurs de bétail le long de la frontière. Pour Remington et bon nombre de ses contemporains, la Floride qu'ils connaissaient ressemblait à une frontière au même titre que n'importe quelle région des États-Unis à la fin du XIXe siècle. Le terme « cracker » vient du bruit du claquement de fouet. Les Crackers de Floride portaient des fouets qu'ils utilisaient, avec des chiens, pour rassembler les troupeaux dans les prairies humides et les terrains broussailleux de la Floride. Sur cet enregistrement sonore, L.K. Edwards, Junior, bouvier de troisième génération du comté de Marion, en Floride, fait une démonstration de claquement de fouet au Festival folklorique de Floride de 1956 à White Springs. Selon Edwards, la peau de daim « tannée par les Indiens » et entretenue avec l'huile obtenue à partir de pattes de vache produisait les meilleurs fouets. Il parle des différentes tailles et matières, ainsi que des styles de construction employés dans la fabrication des fouets, véritable art populaire et tradition de longue date chez les éleveurs bovins de Floride.

Cercueils empilés le long de la rive d'un canal après l'ouragan de 1928, à Belle Glade, en Floride

Cercueils empilés le long de la rive d'un canal après l'ouragan de 1928, à Belle Glade, en Floride

Deux jours à peine avant le deuxième anniversaire du Grand ouragan de Miami qui sévit dans le sud de la Floride, l'État fut frappé par une autre puissante tempête. L'ouragan de catégorie 4 entraîna la mort de 1 500 personnes dans les Caraïbes avant de toucher terre dans le comté de Palm Beach le 16 septembre 1928. La tempête causa des dégâts estimés à 25 millions de dollars le long de la côte atlantique de la Floride, de Fort Pierce à Boca Raton. Toutefois, l'intérieur des terres subit les dommages les plus graves, particulièrement sur la rive sud du lac Okeechobee. Alors que l'ouragan passait au-dessus des eaux peu profondes de l'immense lac, une vague poussée par les vents violents submergea les communautés rurales construites à la hâte. Son impact dans cette région fut tellement dévastateur qu'il fut appelé l'ouragan du lac Okeechobee. L'évacuation des eaux des Everglades et ses effets sont les principales causes de la destruction. Au cours des décennies précédant la tempête, l'État de Floride procéda à l'assèchement de milliers d'hectares de zones humides dans le nord-est des Everglades. Des exploitations agricoles commerciales furent établies sur ces terres réaménagées, et une multitude de travailleurs migrants arrivèrent par camion pour travailler dans les fermes. Cet essor agricole s'accompagna d'une mauvaise construction des maisons et des bâtiments, défauts qui furent mis au jour pendant l'ouragan de 1928. Les estimations des pertes de vies humaines dans la région du lac Okeechobee varient entre 1 800 et 3 500 morts, dont au moins 1 600 sont enterrés au cimetière de Port Mayaca. En raison de l'éloignement de la zone dévastée et de l'ampleur de la destruction, le nombre réel de victimes ne sera jamais connu. Suite à une visite de la région après l'ouragan, le président Herbert Hoover initia un projet de construction d'une levée massive entourant la moitié inférieure du lac Okeechobee. Ce projet donna naissance à la Digue Herbert Hoover, mesurant 136,79 kilomètres (85 miles) de long et 10,97 mètres (36 pieds) de haut. La digue prouva son efficacité lors des ouragans suivants dans les années 1940.

Carte de service de la Première Guerre mondiale de Marjory Stoneman Douglas

Carte de service de la Première Guerre mondiale de Marjory Stoneman Douglas

Marjory Stoneman Douglas, célèbre environnementaliste et auteur de La rivière d'herbes (1947), servit dans la marine américaine pendant la Première Guerre mondiale, d'avril 1917 à mai 1918. Son père, Frank Bryant Stoneman, rédacteur en chef du Miami Herald, la chargea de couvrir l'histoire de la première femme de la région de Miami à s'enrôler dans les forces armées durant la Grande Guerre. Arrivée la première au bureau de recrutement, Douglas prit la place de celle qui devait faire l'objet de son article. Plus tard, elle rejoignit la Croix-Rouge et voyagea en Europe après le conflit. À son retour aux États-Unis, elle devint un auteur accompli et une partisane inlassable de la protection de l'environnement. Marjory Stoneman Douglas mourut en 1998, alors qu'elle avait 108 ans. La carte de service de la Première Guerre mondiale de Douglas est présentée ici. Elle indique qu'elle servit pendant 319 jours en tant que secrétaire militaire de première classe. Douglas fut ensuite promue au rang de secrétaire en chef, poste qu'elle occupa jusqu'à sa démobilisation.

Tour de Wakulla Springs en bateau à vision sous-marine, chanté par Luke Smith

Tour de Wakulla Springs en bateau à vision sous-marine, chanté par Luke Smith

Cet enregistrement sonore inclut un chant de Luke Smith au Festival folklorique de Floride de 1981 à White Springs. La chanson de Smith, guide de longue date sur la rivière Wakulla, parle de l'environnement sous-marin, et tente d'attirer les poissons près du bateau. Elle rappelle le « negro spiritual » et les chants de travail des Afro-Américains, courants dans le Sud profond des États-Unis. Les alligators, les serpents, les oiseaux rares et l'exotisme local font partie intégrante du secteur du tourisme de la Floride. Les tours en bateau narrés de sites tels que le parc d'État de Wakulla Springs, situé au sud de Tallahassee, à la source de la rivière Wakulla, donnent l'opportunité aux visiteurs de connaître toutes ces choses et bien plus encore grâce aux commentaires des guides expérimentés. Ces tours en bateau comptent depuis longtemps parmi les attractions de la Floride, notamment à Wakulla Springs, à Silver Springs, à Homosassa Springs et à Rainbow Springs. Dès la fin des années 1800, les guides de Wakulla Springs racontaient des récits folkloriques, et décrivaient la faune et la flore, tout en remontant et en descendant la rivière dans leurs embarcations à rames pleines de visiteurs. L'homme d'affaires Edward Ball fit bâtir un pavillon à Wakulla Springs dans les années 1930 et, alors que la popularité du site comme attraction pour les touristes et les cinéastes grandissait, il fournit de plus grands bateaux aux guides, qui bénéficièrent également d'un emploi régulier. Jusqu'à récemment, les descendants des premiers bateliers de Wakulla Springs avaient suivi les traces de leurs pères, et leurs chants, leurs plaisanteries et leurs histoires étaient transmises de génération en génération.

Les eaux de la destinée

Les eaux de la destinée

L'assèchement systématique des Everglades, en Floride, commença réellement en 1905. Napoleon Bonaparte Broward, à l'époque gouverneur de Floride, engagea des fonds importants de l'État et demanda une aide au gouvernement fédéral pour réaménager la région marécageuse sous-utilisée au sud du lac Okeechobee. L'objectif final de cette mise en valeur des Everglades consistait à accéder au sol en terre noire riche, recouvert dans de nombreuses zones d'une fine couche d'eau douce. Cette terre noire était composée de matière organique accumulée pendant des milliers d'années sur un substrat rocheux calcaire. Terre productive et fertile, elle fut utilisée dans l'agriculture intensive, ce qui entraîna rapidement son tarissement. En outre, une fois complètement sèche, elle pouvait prendre feu sous le soleil ardent de Floride. La surexploitation agricole et les incendies contribuèrent à réduire considérablement les étendues de terre noire au cours des décennies suivant le début du drainage. Lorsque cette ressource fut épuisée, les exploitations agricoles commerciales à grande échelle durent largement dépendre des engrais qui polluaient l'environnement. L'assèchement requit également d'exposer la terre noire, modifiant significativement le paysage et l'écologie du sud de la Floride. Les canaux firent baisser le niveau de la nappe phréatique et entravèrent la circulation naturelle des eaux des Everglades proprement dits. Les populations de la faune sauvage, confrontées à la perte d'habitat, diminuèrent dans toute la région à cause des projets d'infrastructure d'assèchement. Ce film, Les eaux de la destinée, est une présentation caractéristique des projets de gestion des eaux avant que tous leurs impacts sur l'environnement ne soient connus. Le narrateur qualifie les efforts du Bureau de contrôle des crues du centre et du sud de la Floride, ainsi que du Corps du génie de l'armée américaine, de « maîtrise [des eaux] par la main déterminée de l'homme ». Le film, réalisé dans les années 1950, inclut des séquences remarquables montrant tous les aspects du processus de construction des infrastructures de drainage. Il fournit également un aperçu des changements dans la façon de concevoir la science de la gestion des eaux à partir du milieu du XXe siècle.

Emmett Kelly, clown du cirque Ringling, à Sarasota, en Floride

Emmett Kelly, clown du cirque Ringling, à Sarasota, en Floride

Emmett Kelly (1898−1979), photographié ici, incarna le clown-vagabond mélancolique Weary Willie pour le cirque Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus pendant plus d'une décennie. Grâce à son numéro, qui contrastait avec celui du clown jovial typique, Weary Willie devint l'un des personnages les plus mémorables du spectacle des frères Ringling. Ces derniers créèrent une production à partir de modestes débuts à Baraboo, dans le Wisconsin, et en firent le cirque américain le plus grand et le plus connu. Leur ascension dans le monde du spectacle commença en 1884, lorsqu'ils s'associèrent au cirque Yankee Robinson. Ils rachetèrent ce cirque l'année suivante, devenant ainsi les seuls propriétaires du spectacle itinérant. Ils acquirent rapidement des spectacles de cirques plus petits, tout en recherchant les meilleurs artistes dans le monde entier. En 1919, les Ringling fusionnèrent leurs deux principales entreprises, Ringling Brothers et Barnum & Bailey, pour former un cirque unique associé, appelé « Le plus grand spectacle du monde ». En 1927, le cirque déménagea ses quartiers d'hiver de Bridgeport, dans le Connecticut, à Sarasota, en Floride. Des membres de la famille Ringling passaient leurs hivers à Sarasota depuis 1911. Ce cliché fut réalisé en 1947 par Joseph Janney Steinmetz, photographe professionnel de renommée mondiale, dont les images parurent dans des publications telles que Saturday Evening Post, Life, Look, Time, Holiday, Collier's et Town & Country. Son œuvre est qualifiée « d'histoire sociale de l'Amérique », documentant diverses scènes de la vie américaine. Steinmetz quitta Philadelphie pour s'installer à Sarasota en 1941.

Loisirs et détente

Loisirs et détente

Les grandes routes vers les États du Sud des États-Unis furent ouvertes pendant la seconde décennie du XXe siècle, permettant aux citoyens de découvrir les sites uniques de la région intérieure de la Floride, loin des villes côtières à l'est ou à l'ouest. En 1915, une fois les travaux de la grande route entre Montréal et Miami terminés, le nombre de touristes en automobile augmenta considérablement. Les premiers « tin can tourists » (littéralement, touristes en boîtes de conserve) des années 1920 furent les pionniers des séjours en camping-car, pratique qui gagna en popularité après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les retraités jouissant d'une nouvelle mobilité et les jeunes familles voyagèrent vers le sud. Les terrains de caravaning se développèrent pour accueillir ces nouveaux visiteurs qui arrivaient avec leur logement. De même, les attractions aux abords des routes et les parcs de loisirs se dotèrent d'installations répondant aux besoins des camping-cars et des caravanes. La Tin Can Tourists of the World, organisation d'amateurs de camping-caravaning, fut créée sur le site d'un terrain de camping de Tampa, en Floride, en 1919. Ses objectifs consistaient à fournir à ses membres des zones de camping sûres et propres, des divertissements sains et de hautes valeurs morales. Cette image de John et Lizzie Wilson près de leur caravane à Bradenton, en Floride, en 1951, montre un exemple de « tin can tourists » de l'après-Seconde Guerre mondiale. L'écriteau à l'arrière du véhicule indique que les Wilson sont de Boston, dans le Massachusetts. Le cliché fut réalisé par Joseph Janney Steinmetz, photographe professionnel de renommée mondiale, dont les images parurent dans des publications telles que Saturday Evening Post, Life, Look, Time, Holiday, Collier's et Town & Country. Son œuvre est qualifiée « d'histoire sociale de l'Amérique », documentant diverses scènes de la vie américaine. En 1941, Steinmetz quitta Philadelphie pour s'installer à Sarasota, en Floride.

Train d'évacuation balayé par l'ouragan de la Fête du travail de 1935

Train d'évacuation balayé par l'ouragan de la Fête du travail de 1935

Le 2 septembre 1935, un puissant ouragan ravagea le centre des Keys, en Floride. Appelé l'ouragan de la Fête du travail, il s'agit de la première tempête de catégorie 5 à frapper les États-Unis, depuis le début de son histoire écrite. L'ouragan coûta la vie à au moins 485 personnes, dont près de 260 anciens combattants de la Première Guerre qui travaillaient sur une partie de l'Overseas Highway dans le cadre d'un projet fédéral d'aide. Ces vétérans étaient issus des rangs de la Bonus Army, groupe de soldats qui campèrent aux marches du Capitole des États-Unis au début des années 1930 pour exiger la compensation promise par le gouvernement fédéral, et qui furent dispersés le 28 juillet 1932 par les troupes de l'armée américaine sous le commandement du général Douglas MacArthur. Par la suite, l'administration du président Franklin D. Roosevelt employa, par le biais de la Works Progress Administration, certains d'entre eux pour effectuer des travaux de secours. Le jour de la tempête, des fonctionnaires envoyèrent un train pour évacuer ces hommes, mais il n'atteignit jamais les camps situés sur l'île de Lower Matecumbe Key. L'image présentée ici est une vue aérienne du train d'évacuation funeste, prise trois jours après la tempête. Les vents forts et une marée de tempête estimée à 5,49 mètres (18 pieds) balayèrent le train sur le côté de la voie ferrée. L'auteur Ernest Hemingway, qui résidait à l'époque à Key West, rendit compte de l'indignation publique à l'égard de la tragédie dans un essai intitulé « Qui a tué les anciens combattants ? », publié quelques jours à peine après l'ouragan. Une enquête gouvernementale examina la mauvaise gestion de l'évacuation et les défauts du travail de prévision du Bureau de météorologie les jours précédant l'arrivée de la tempête sur les côtes. Le jugement officiel finit par déterminer que la nature, et non pas une erreur humaine, était à blâmer dans les deux cas. À la suite de l'ouragan de la Fête du travail de 1935, le Bureau de météorologie établit des stations de surveillance supplémentaires dans le sud de la Floride. Il prit aussi des mesures d'amélioration en matière de préparation aux catastrophes dans les zones côtières vulnérables. Si l'ouragan est aujourd'hui encore classé comme l'un des plus puissants à toucher terre aux États-Unis, il demeure surtout dans les mémoires comme la conclusion tragique de l'histoire de la Bonus Army.

Dévastation de Miami suite à l'ouragan de 1926

Dévastation de Miami suite à l'ouragan de 1926

La Floride, particulièrement le sud-est de l'État, connut un essor rapide au début du XXe siècle. L'essor foncier des années 1920 attira des milliers de nouveaux résidents et marqua le début d'une période de construction sans précédent. La prospérité, initiée par l'arrivée de la compagnie de chemins de fer Plant and Flagler et perpétuée par une promotion agressive et sans fin, fut brutalement interrompue au milieu du mois de septembre 1926. Un ouragan catastrophique toucha terre près de Miami Beach aux premières heures du jour, le 18 septembre 1926. Appelé le Grand ouragan de Miami, il ravagea le sud de la Floride. Avec des vents de plus 241 kilomètres (150 miles) heure et une hauteur de marée de tempête atteignant 3,35 mètres (11 pieds) au-dessus de laisse moyenne de haute mer, l'ouragan dévasta la région de South Beach à Moore Haven, sur le lac Okeechobee, et jusqu'à la baie de Tampa. La côte du nord du golfe prit également de plein fouet la tempête, qui toucha terre une seconde fois près de Gulf Shores, en Alabama, et déversa plus de 20 centimètres (8 pouces) de pluie sur une zone s'étendant de Pensacola, en Floride, au sud de la Louisiane. Les fonctionnaires du Bureau de météorologie n'étaient pas préparés à un ouragan d'une telle rapidité, qui se joua de plusieurs indices annonçant habituellement une tempête majeure avant de frapper le sud de la Floride. Les habitants de Miami et les communautés voisines furent pris de court par la progression fulgurante de la tempête. La dévastation au lendemain de l'ouragan amena un fonctionnaire du Bureau de météorologie à appeler la tempête la « plus destructrice de l'histoire des États-Unis ». Les fonctionnaires estimèrent que l'ouragan détruisit 4 700 foyers dans le sud de la Floride, laissant 25 000 personnes sans toit. Selon la Croix-Rouge, 372 personnes périrent et plus de 6 000 autres furent blessées dans la catastrophe. L'impact à long terme du Grand ouragan de Miami devint évident dans les mois et les années suivantes, lorsque la bulle immobilière éclata et que la Floride plongea dans une dépression économique environ trois ans avant le reste du pays.

Une concession de territoire amérindien des Creeks supérieurs, des Creeks inférieurs et des Séminoles au colonel Thomas Brown, surintendant des affaires indiennes du district sud d'Amérique du Nord

Une concession de territoire amérindien des Creeks supérieurs, des Creeks inférieurs et des Séminoles au colonel Thomas Brown, surintendant des affaires indiennes du district sud d'Amérique du Nord

Ce document est une pièce jointe qui fut à l'origine soumise par Henry Lee IV au juge territorial de Floride Augustus Brevoort Woodward en septembre 1824. Lee demanda l'aide de Woodward pour garantir le transfert de la propriété achetée par son père, le général Henry Lee, auprès de Thomas Brown en 1817. Le 1er mars 1783, un groupe « de rois et de guerriers » représentant les villes des Creeks supérieurs, des Creeks inférieurs et des Séminoles apposèrent leurs noms et le symbole de leurs familles sur un document accordant à Thomas Brown, surintendant britannique des Affaires indiennes, un vaste territoire à l'ouest de Saint-Augustine, dans ce qui était à l'époque la Floride orientale britannique. Brown quitta l'Angleterre et arriva en Amérique du Nord en 1774 pour établir une plantation dans l'arrière-pays de la Géorgie. Loyaliste, il commanda durant la guerre d'indépendance une patrouille montée appelée « King's Rangers », ou Rangers du roi, lançant des raids contre les Américains le long de la frontière sud. Brown parvint à gagner l'appui et l'assistance de plusieurs chefs indiens creeks et séminoles, qui fournirent des guerriers afin de combattre leur ennemi commun, les Américains. En retour, Brown s'assura que leurs villes étaient bien armées et approvisionnées. Alors que la guerre touchait à sa fin en 1783, Brown et ses hommes se replièrent en Floride. Peu avant le 1er mars, une délégation représentant les villes des Creeks et des Séminoles se rendit à Saint-Augustine, et se réunit avec Brown et d'autres fonctionnaires britanniques. La concession de terre présentée ici est le résultat de cette rencontre. La délégation amérindienne s'acquitta de sa dette envers son « père et ami », qui l'avait guidé dans la bataille contre les Américains, et lui octroya un territoire s'étendant de la rivière Amajura, aujourd'hui appelée la Withlacoochee, au fleuve Saint Johns. Ce document est une copie de l'original, réalisée le 20 juin 1820, lorsque Brown vivait à Saint-Vincent, dans les Caraïbes. Il contient des illustrations rares de symboles de clans indiens du Sud-Est. De nombreux Indiens du Sud-Est pratiquaient une forme d'organisation sociale reposant sur des clans matrilinéaires, au sein desquels ils retraçaient leurs ancêtres par les familles des mères, et ils naissaient dans le même clan que leurs mères. Différents symboles de clan figurent sur ce document. Si l'on peut en identifier certains grâce à leur ressemblance avec des animaux connus, tels qu'un alligator et un oiseau, d'autres ne sont pas reconnaissables. Les noms de clan désignaient des ancêtres mythiques, prenant souvent la forme d'animaux, de plantes ou de forces de la nature. Des douzaines de clans existaient parmi les Creeks et les Séminoles à l'époque où ce document fut créé. Ce dernier inclut également les titres des chefs des villes des Creeks et des Séminoles. Les hommes de haut rang portaient un titre de guerre ou diplomatique, et ils étaient identifiés en relation avec une ville ; par exemple, Tallassee Mico était mico, ou chef, de la ville de Tallassee.

Grand-rue du canal de Floride

Grand-rue du canal de Floride

Le projet de construction d'une voie d'eau traversant la péninsule de la Floride remonte au régime colonial des Espagnols et des Britanniques, et il perdura lorsque la Floride devint un territoire des États-Unis en 1821. Les études topographiques américaines initiales pour un projet éventuel de canal en Floride furent réalisées à la suite de l'engouement suscité par l'ouverture du canal Érié en 1825. Le président Franklin D. Roosevelt autorisa les premiers grands travaux d'un canal traversant la Floride dans le cadre des programmes de travaux publics du New Deal en Floride. Après de longs débats, l'itinéraire 13-B, des 28 proposés, fut adopté et la construction commença en 1935. Si les partisans du projet accueillirent avec enthousiasme les travaux et les perspectives commerciales associées au canal, les opposants eux redoutaient son coût trop élevé, la détérioration de l'aquifère souterrain et les conséquences néfastes sur l'agriculture dans le centre et le sud de la Floride. La contestation se généralisa, entraînant l'interruption de la progression du canal au mois de juin 1936. Ce n'est qu'en 1962 que le Congrès américain autorisa la reprise de la construction. Le Corps du génie de l'armée américaine fut chargé de la planification de ce qui fut appelé le Cross Florida Barge Canal. Reprenant l'itinéraire commencé dans les années 1930, il devait avoir une profondeur de 3,66 mètres (12 pieds) et être suffisamment large pour que deux navires puissent passer côte à côte. Le tracé prévu partait du fleuve Saint Johns, près de Jacksonville, entrait dans l'Ocklawaha, au sud de Palatka, traversait la crête de la Floride centrale, entre Silver Springs et Dunnellon, puis rejoignait la rivière Withlacoochee avant d'atteindre le golfe du Mexique, près de Yankeetown. Le président Lyndon B. Johnson, qui fit un discours à la cérémonie d'inauguration des travaux, conclut son allocution en déclenchant les premières charges de dynamite du projet. En 1968, des progrès considérables étaient notables dans la partie est du canal. Le film présenté ici brosse un tableau positif du projet durant les premières phases de la construction. Au début du film, le gouverneur Haydon Burns décrit notamment les raisons de la construction du canal et de son tracé. Il inclut également des illustrations de la conception proposée, le témoignage d'un géologue, des séquences sur l'industrie de la Floride et l'inondation de mars 1960, ainsi que des images montrant la menace d'un sous-marin ennemi et le président Johnson déclenchant les charges marquant le début des travaux. Toutefois, l'opposition farouche au canal qui s'ensuivit rapidement, principalement pour des motifs liés à l'environnement, fit cesser la construction en 1971.

Séminoles tenant des fers lors d'un rassemblement et d'un marquage du bétail dans la réserve indienne séminole de Big Cypress

Séminoles tenant des fers lors d'un rassemblement et d'un marquage du bétail dans la réserve indienne séminole de Big Cypress

Le secteur de l'élevage bovin en Floride commença peu après l'établissement de la ville la plus ancienne de la nation, Saint-Augustine, en 1565. Les Espagnols importèrent du bétail pour satisfaire les besoins de la colonie, petite mais essentielle. À l'aube du XVIIIe siècle, les bouviers espagnols, africains et indiens élevaient déjà des vaches dans les vastes prairies humides et les terrains broussailleux du nord et du centre de la Floride. La Chula, le ranch le plus grand de la Floride espagnole, comptait des milliers de têtes de bétail vers la fin du XVIIe siècle. Les migrants séminoles se lancèrent dans l'élevage du bétail dans le nord de la Floride après l'effondrement du système missionnaire espagnol vers le début du XVIIIe siècle. Lorsque dans les années 1770 William Bartram arriva dans la ville séminole de Cuscowilla (ou Tuscawilla), située près des anciennes terres du ranch La Chula, dans l'actuel parc Paynes Prairie, il découvrit des milliers de bovins paissant dans la prairie luxuriante. Les Séminoles demeurèrent les principaux éleveurs de bétail de Floride jusqu'à la fin de la Seconde Guerre séminole en 1842. Pendant la guerre de Sécession, les Crackers de Floride, qui tirent leur nom du bruit du claquement de leurs fouets, approvisionnèrent l'armée de la Confédération en viande de bœuf, et ils envoyèrent du bétail par bateau à Cuba et dans d'autres îles des Caraïbes, en passant par Punta Rassa, près de l'embouchure du Caloosahatchee. La filière de l'élevage bovin moderne en Floride prit son essor avec l'apparition des chemins de fer à la fin du XIXe siècle. Au XXe siècle, les bouviers développèrent des races spécialement adaptées aux conditions extrêmes du climat de la Floride. La mise en œuvre des lois imposant les pâturages clos dans tout l'État mit fin au pacage libre à la fin des années 1940. Aujourd'hui, le secteur de l'élevage bovin reste un élément essentiel de l'économie de la Floride, qui se classe parmi les États produisant le plus de bétail aux États-Unis. La tribu séminole de Floride est l'un des producteurs les plus importants de l'État. Sur cette photographie, des cowboys séminoles de la réserve de Big Cypress tiennent des fers, forgés de façon à former leurs initiales, en vue du marquage au fer rouge des bêtes.

Portrait de Charlie Micco, cowboy séminole de la réserve indienne de Brighton

Portrait de Charlie Micco, cowboy séminole de la réserve indienne de Brighton

Les Indiens séminoles furent prédominants dans le secteur de l'élevage en Floride au début du XIXe siècle. Les Séminoles, qui à l'origine ne sont pas un peuple d'éleveurs, héritèrent du bétail que les Espagnols abandonnèrent au XVIIIe siècle et intégrèrent cette pratique dans leur propre culture. La quasi-totalité du cheptel séminole disparut à cause des combats pendant les guerres séminoles (1817−1818, 1835−1842 et 1855−1858). Après le déplacement de la grande majorité des Séminoles et la saisie de leurs bêtes, le reste des Indiens de Floride adaptèrent leur culture d'élevage aux sangliers, abondants dans le sud et le centre de la Floride. Dans le cadre du New Deal amérindien lors de la Grande Dépression, le gouvernement fédéral développa un programme d'élevage destiné aux Séminoles de Floride. Celui-ci visait à fournir des fondements économiques à la tribu, et finalement à la détourner de son mode de vie traditionnel basé sur la chasse, plus possible dans le sud de la Floride. Un premier troupeau d'une réserve de l'ouest fut envoyé en Floride au début des années 1930, mais il fut lourdement accablé par la chaleur. D'autres efforts d'élevage combinèrent les caractéristiques préférables du bétail sauvage de Floride, qui descendait de l'ancien cheptel espagnol, et les variétés productrices de viande bovine établies. Les programmes d'élevage permirent finalement de produire des animaux robustes capables de résister au climat et de gagner du poids. Charlie Micco, photographié ici, joua un rôle essentiel au début du développement du programme d'élevage bovin de la réserve de Brighton, située au nord-ouest du lac Okeechobee. Les fonctionnaires fédéraux choisirent Micco, car il avait déjà travaillé avec des vaches pour des bouviers blancs près de Brighton. Le gouvernement aida à gérer le programme d'élevage des Séminoles pendant plusieurs décennies, puis la tribu prit progressivement le contrôle total du programme durant la seconde moitié du XXe siècle. Le cliché fut réalisé par Joseph Janney Steinmetz, photographe professionnel de renommée mondiale, dont les images parurent dans des publications telles que Saturday Evening Post, Life, Look, Time, Holiday, Collier's et Town & Country.

Saint Coran

Saint Coran

Ce coran caractéristique comporte les six premières sourates (chapitres) du Livre saint musulman, d'al-Fātiḥah (L'ouverture) à al-An'ām (Les bestiaux). Comme c'est généralement le cas pour cette sourate, les deux premières pages d'al-Fātiḥah sont richement décorées, d'abord d'un cadre extérieur bordé d'une multitude d'ornements vert olive en forme de niches, mais également d'une série d'autres cadres linéaires rouges, blancs, noirs, verts et dorés. Les motifs représentent notamment des barres de métal torsadées et des vignes, avec des cartouches en haut et en bas qui ressemblent à des impostes, suggérant la forme d'une porte et faisant probablement allusion au fait qu'al-Fātiḥah est l'ouverture, ou entrée, du Coran. Le texte, rédigé à l'encre noire intense, est souvent rubriqué et l'écriture ne suit aucun des styles connus, bien qu'elle se rapproche de certains composants du thoulouth et du naskhi. Tous les chapitres débutent par un en-tête indiquant non seulement le nombre de versets, mais également les nombres de mots et de lettres qu'ils contiennent, pratique utilisée dans la taḥzīb (division) du Coran en parties et sous-parties, et dans l'ilm al-Ḥurouf (science ésotérique des lettres). Des triangles et des rectangles obliques s'étendent dans les marges, et fournissent des informations sur la prononciation et des instructions sur les autres riwāyāt (lectures) possibles du Texte sacré. Les marqueurs de verset sont signalés par des virgules triangulaires inversées rouges ou dorées, tandis que ceux des parties et des sous-parties ont des formes rouges et dorées variées. Dans l'ensemble du volume, les premières phrases de toutes les parties et sous-parties sont rubriquées, tout comme l'ism al-jalālah (nom de Dieu) et la courbe intérieure de la lettre kāf (k), transposition possible de kāfal-mashī 'ah, soit l'expression « telle est la volonté de Dieu ». Le colophon contient deux notes, distinctes et indépendantes, attribuant la copie à deux scribes : Sayf ibn Muhammad ibn Salim al-Tawqi au début et 'Abdulkarīm ibn 'Umar ibn Mūsā al-Nawfalī à la fin. Le manuscrit fut produit en l'an 1365 après l'Hégire (1945).

Les jalons de la révélation divine

Les jalons de la révélation divine

Al-Ḥusayn ibn Mas'ūd al-Baghawī (1044−1117 env.), appelé muḥyī al-sunnah (celui qui fait renaître les traditions du Prophète), fut exégète du Coran et érudit chaféite. Il naquit, et probablement mourut, à Bagh, ancienne ville située dans le Khorasan, entre les cités antiques d'Hérat (aujourd'hui en Afghanistan) et de Merv (près de l'actuelle ville de Mary, au Turkménistan). Cette copie manuscrite contient la seconde et dernière partie de l'ouvrage d'al-Baghawī intitulé ma'ālim al-tanzīl (Les jalons de la révélation divine), exégèse du saint Coran. Le manuscrit commence par al-kahf (La caverne), la 18e surah (chapitre), et il se poursuit en incluant le reste du Livre saint musulman, avec ses 114 chapitres. Le texte principal est rédigé dans des cadres formés de lignes dorées, vertes et rouges. Tous les versets sont écrits et vocalisés en rouge, sur les mêmes lignes que l'exégèse, qui suit à l'encre noire. Les marges contiennent très peu de texte, à l'exception des slogans et du texte rubriqué indiquant le début de chaque partie. Le manuscrit, copié par [illisible] Ibn 'Alī ibn Muḥammad ibn Ismā'il en l'an 1110 après l'Hégire (1699), appartint récemment à un certain Muḥammad ibn Sālim ibn 'Āmir al-Ṭawqī en 1946.

Bouncing Baby

Bouncing Baby

Le film présenté ici, Bouncing Baby, est un exemple typique des œuvres produites par la Vim Comedy Company à Jacksonville, en Floride, aux balbutiements du cinéma muet. Les conditions météorologiques favorables, l'appui politique, ainsi que la main d'œuvre et les offres immobilières bon marché, firent de Jacksonville un centre majeur de la production cinématographique de l'époque. De 1915 à 1917, suite à une période de récession, le maire de Jacksonville, J.E.T. Bowden, entreprit de restaurer la confiance des entreprises dans le nord-est de la Floride. À cette fin, il lança une invitation ouverte « à la communauté cinématographique du pays, en quête d'un site d'accueil », lui offrant de s'implanter dans la ville. Après une prospérité initiale des sociétés cinématographiques dans le climat hospitalier de Jacksonville, les citoyens et les fonctionnaires du gouvernement se lassèrent des studios, dont les cascades, notamment des poursuites automobiles sans que les habitants soit avertis ou de fausses déclarations d'incendie afin de filmer la réponse des pompiers, menaçaient la sécurité publique. En 1917, John W. Martin fut élu maire grâce à un programme prônant la réduction des activités cinématographiques. À cette époque, Hollywood, en Californie, se présentait comme un site plus viable. C'est ainsi que la majeure partie de l'industrie américaine du cinéma migra vers l'ouest. La Vim Comedy Company, fondée à la fin de l'année 1915 par Louis Burstein et Mark Dintenfass, est caractéristique des studios cinématographiques éphémères qui émergèrent durant l'essor du cinéma en Floride. Vim mit en scène de nombreuses personnalités fascinantes. Rien qu'en 1916, il réalisa 156 films d'une bobine. La même année, Vim créa également une série de 35 comédies burlesques, avec dans les rôles principaux Oliver « Babe » Hardy et Billy Ruge, intitulée « Plump and Runt », qui incluait parfois de brèves apparitions d'Ethel Burton. D'autres acteurs, notamment Harry Meyers, Rosemary Thebe, Kate Price, ainsi que Billy Bletcher et son épouse Arline Roberts, travaillèrent également régulièrement pour la société. En comptant les distributions, les réalisateurs, les membres des équipes de tournage (appelés à l'époque « les chevaliers de la manivelle ») et le personnel administratif, le Vim Southern Studio de Jacksonville employait près de 50 personnes en 1916, soit une masse salariale hebdomadaire standard de 3 800 dollars environ. Les studios Vim cessèrent leurs productions en 1917, après qu'Oliver Hardy découvrit que Burstein et Dintenfass volaient de l'argent des salaires.

Résolution d'interposition de l'assemblée législative de Floride en réponse à l'arrêt Brown contre le bureau de l'Éducation, 1957, avec une note manuscrite du gouverneur de Floride LeRoy Collins

Résolution d'interposition de l'assemblée législative de Floride en réponse à l'arrêt Brown contre le bureau de l'Éducation, 1957, avec une note manuscrite du gouverneur de Floride LeRoy Collins

En 1957, l'assemblée législative de l'État de Floride adopta une résolution s'opposant à l'arrêt rendu par la Cour suprême des États-Unis en 1954, appelé Brown contre la Commission scolaire, c'est-à-dire l'affaire de Topeka, au Kansas, qui mit fin à la ségrégation légale dans l'éducation publique. La ségrégation raciale fut à l'origine déclarée constitutionnelle par la Cour suprême des États-Unis dans l'arrêt Plessy contre Ferguson en 1896. Cette décision jeta les fondements des « lois Jim Crow » en déclarant la ségrégation légale si les lieux étaient « séparés, mais égaux ». La décision Brown élimina ce principe, et pour de nombreux ségrégationnistes, l'affaire ouvrait une brèche vers la fin de la ségrégation. L'assemblée législative de Floride, qui fit valoir que la décision usurpait le pouvoir constitutionnel de l'État, adopta une résolution déclarant la décision de 1954 de la Cour nulle et non avenue. La résolution « d'interposition » visait à s'interposer entre les citoyens de Floride et le gouvernement des États-Unis en réaction à ce que l'assemblée considérait comme une intrusion illégale du gouvernement fédéral dans les droits de l'État. Bien qu'il condamnât initialement la décision Brown, à l'instar de la majorité des élus du Sud, le gouverneur LeRoy Collins voulut empêcher l'assemblée d'adopter la résolution. Pour ce faire, il eut recours à une disposition peu connue de la constitution de l'État, qui lui permit d'ajourner unilatéralement l'assemblée pour empêcher la ratification. Au retour de l'assemblée et après l'adoption de la résolution, il ne pouvait plus y imposer son véto, car il ne s'agissait plus d'une loi, mais seulement d'une résolution exprimant l'opinion de l'assemblée sur la question de l'intégration raciale. Cependant, lorsqu'elle arriva sur son bureau, Collins ajouta la note manuscrite suivante au bas de la résolution : « La présente résolution " d'interposition " parvient au gouverneur par routine. Je n'ai pas le pouvoir d'opposer mon véto. Je saisis toutefois cette opportunité pour informer l'élève étudiant le gouvernement et consultant peut-être ce document dans les archives de l'État au cours des années à venir que le gouverneur de Floride exprima une opposition ouverte et vigoureuse sur le sujet. Selon moi, la Cour suprême des États-Unis a usurpé illicitement les pouvoirs réservés aux États en vertu de la constitution. Je me suis joint à la protestation, et j'ai cherché des moyens légaux d'annulation. Si cette résolution déclarant les décisions de la Cour " nulles et non avenues " devait être prise au sérieux, ce serait l'anarchie et la rébellion contre la nation qui doit demeurer " indivisible sous l'autorité de Dieu " pour survivre. Non seulement je condamne " l'interposition ", comme plusieurs m'ont poussé à le faire, mais je la dénonce également comme un mal attisé par les démagogues, et porté au grès des vents chauds et erratiques de la passion, des préjugés et de l'hystérie. Si aujourd'hui même l'histoire doit me juger, je souhaite que l'on sache que j'ai fait de mon mieux pour éviter cette ignominie. Si j'ai tort, alors la preuve de ma culpabilité pour appuyer ma conviction se trouve ici dans ma propre écriture et au-dessus de ma signature. Le gouverneur LeRoy Collins. 2 mai 1957 ». Le document présenté ici est le texte complet de la résolution, avec la note manuscrite de Collins au bas de la page 9.

Le facilitateur utile sur la médecine et la sagesse

Le facilitateur utile sur la médecine et la sagesse

Cet exemplaire manuscrit est un ouvrage datant du XVe siècle par l'auteur yéménite Ibrāhīm ibn 'Abd al-Raḥmān ibn Abū Bakr al-Azraq, ou Azraqī. Il s'agit d'un livre de remèdes abordant les usages médicinaux des graines, des céréales et d'autres aliments, ainsi que leur valeur nutritionnelle. Le contenu est basé en partie sur deux œuvres antérieures : Shifā' al-ajsām (Guérison des corps) de Muḥammad ibn Abū al-Ghayth al-Kamarānī, et Kitāb al-raḥmah (Livre de la miséricorde) de Ṣubunrī. Un autre ouvrage fut ajouté à la fin du volume, Bur' al-sā'ah (Prompt rétablissement), court traité du célèbre polymathe persan Abū Bakr Muḥammad ibn Zakarīyā al-Rāzī (également connu sous les versions latinisées de son nom, Rhazès ou Rasis, 865−925 env.). Dans l'introduction, al-Azraq écrit : « Selon les paroles du Prophète, [...] deux classes [de personnes] seront toujours indispensables aux hommes, les docteurs pour le corps et les oulémas pour la religion ». Al-Azraq s'inspira également d'autres ouvrages, à savoir Laqṭ al-manāfi' (Le cueilleur de bienfaits) d'al-Jawzī (1116−1201 env.) et Al-tadhkirah (Le rappel) d'al-Suwaydī (1203−1291 env.). Il organisa son livre de façon à d'abord citer Ṣubunrī, suivi d'al-Kamarānī, puis de son propre commentaire. Le manuscrit se termine par un addenda qui fournit un glossaire définissant les graines, les aliments et les autres substances mentionnés dans le livre. Al-Azraq indique qu'il inclut dans son ouvrage uniquement des aliments médicinaux à l'époque connus et disponibles auprès de ses concitoyens yéménites ; si elle s'avérait véridique, cette affirmation pourrait avoir des implications intéressantes sur le plan de la recherche. Selon une note à la fin de l'ouvrage principal, ce manuscrit fut copié pour un ami érudit appelé Abdullāh ibn Muḥammad ibn Jumu'a al-Būsa'īdī, le 20 rabia al-akhar de l'an 1200 après l'Hégire (19 février 1786). Bien que Le facilitateur utile soit répertorié dans l'encyclopédie bibliographique de Kātip Çelebi (1609−1657), et que plusieurs impressions modernes aient paru, on sait peu de choses sur al-Azraq.

Le recueil de la foi

Le recueil de la foi

Muḥammad ibn Ja'far al-Izkiwī, grand érudit musulman, vécut en l'an 900 environ. Son nom, al-Izkiwī, révèle qu'il était probablement originaire d'Izkī, ville comptant parmi les centres d'apprentissage les plus anciens de l'intérieur des terres d'Oman. Jāmi' al-adyān (Le recueil de la foi), parfois simplement appelé al-Jāmi' (Le recueil) ou Jāmi' Ibn Ja'far (Le recueil d'Ibn Ja'far), est son ouvrage le plus célèbre. Le manuscrit présenté ici, qui date du XVIIIe siècle, contient la première partie de Jāmi' al-adyān. Comme le titre le suggère, le livre résume de nombreux thèmes variés de la jurisprudence islamique, envisagés sous une perspective ibadite (ou ibādiyya). L'ibadisme est une branche de l'islam, dont les origines remontent au VIIe siècle, à l'époque du schisme entre les sunnites et les chiites. Le nom de la doctrine dérive de celui d'Abdullāh ibn Ibāḍ, un des érudits qui la fonda. Aujourd'hui, les adeptes de l'ibadisme vivent principalement en Oman, avec d'autres communautés en Afrique du Nord et de l'Est. Cet ouvrage porte sur des sujets relatifs aux cinq piliers de l'islam, notamment les cinq prières quotidiennes, le jeûne durant le ramadan et l'aumône, et il inclut de nombreux décrets les concernant. Le manuscrit, en bon état malgré les dommages causés par l'eau dans les marges, fut payé par un legs de Cheikh 'Umar ibn Sa'īd al-Bahlawī. Il fut copié par Sa'īd ibn Muḥammad ibn 'Udai al-'Abrī en l'an 1156 après l'Hégire (1743). Outre les slogans, les marges contiennent des corrections, des élaborations et des paraphrases du texte principal. Le livre est divisé en plus de 80 bāb (chapitres), eux-mêmes classés par opinion et par masā'il (thème). Une liste des devises utilisées en Oman à cette époque fut ajoutée, ce qui constitue l'une des caractéristiques intéressantes de ce manuscrit.

Commentaire sur « Madārij al-Kamāl »

Commentaire sur « Madārij al-Kamāl »

'Abd Allāh ibn Ḥumayyid al-Sālimī (1869–1914 env.), poète et érudit omani ibadite (ou ibādiyya) majeur, naquit à Al-Ḥoqain, dans la région de la ville de Rustāq, à l'intérieur des terres d'Oman. L'ibadisme est une branche de l'islam, dont les origines remontent au VIIe siècle, à l'époque du schisme entre les sunnites et les chiites. Le nom de la doctrine dérive de celui d'Abdullāh ibn Ibāḍ, un des érudits qui la fonda. Aujourd'hui, les adeptes de l'ibadisme vivent principalement en Oman, avec d'autres communautés en Afrique du Nord et de l'Est. Al-Sālimī étudia d'abord la jurisprudence islamique auprès d'érudits de l'époque, puis il voyagea dans la région est, où il élargit son savoir en devenant l'élève du célèbre Cheikh Ṣālih ibn 'Alī al-Ḥārithī (1834−1896 env.). Malgré une vie relativement courte, al-Sālimī écrivit de nombreux livres sur des thèmes variés, dont la jurisprudence et la doctrine islamique, le kalām (argument cosmologique), la religion comparée, la grammaire arabe, l''arūḍ (métrique arabe) et l'histoire. Cet exemplaire manuscrit est la première partie d'un commentaire intitulé Ma'ārij al-āmāl (L'ascendant de l'espoir), dans lequel al-Sālimī explique certains des concepts de son ancien traité versifié Madārij al-kamāl (Les clés de la perfection), lui-même un commentaire sur Mukhtaṣar al-khiṣāl (Le résumé des caractéristiques) de l'érudit yéménite ibadite Abū Isḥāq Ibrāhīm ibn Sulaymān al-Ḥaḍramī ibn Qays (mort en 1082). Le supercommentaire aborde plusieurs sujets de la jurisprudence islamique sous une perspective ibadite. Ce volume est consacré aux rites de purification et d'ablution dans le cadre de la jurisprudence des salāt (prières). Le commentaire est divisé en plusieurs sujets du kalām, eux-mêmes sous-divisés en masā'il (thèmes) sous forme de questions-réponses. Le manuscrit est rédigé à l'encre noire, avec des parties souvent rubriquées. Il est en bon état, mais le colophon ne contient pas d'informations. Ni le nom du scribe ni la date de production ne sont indiqués.

La méthode la plus fiable pour distinguer les ibadites des kharidjites et Le cadeau du paradis sur le jugement si le sang coule

La méthode la plus fiable pour distinguer les ibadites des kharidjites et Le cadeau du paradis sur le jugement si le sang coule

Sālim ibn Ḥammūd ibn Shāmis al-Siyābī (1908−1993), érudit, poète, historien et juge omani, naquit à Ghāla, dans l'État de Bawshar dans l'est du Sultanat d'Oman. Érudit autodidacte, al-Siyābī mémorisa le Coran à l'âge de sept ans, puis il étudia les classiques de langue arabe, dont Alfiyah, poème composé par Ibn Malik en 1 000 vers sur les règles de la grammaire arabe. Également auteur prolifique, al-Siyābī écrivit pas moins de 84 ouvrages, selon Sultān ibn Mubārak al-Shaybānī, qui classa l'ensemble des œuvres d'al-Siyābī par catégorie, notamment prose et traités, poésie et écrits versifiés, et recherche et correspondance. Ce manuscrit fut copié par Yūsuf ibn Sā'id al-Zakwānī en l'an 1386 après l'Hégire (1966). Le volume, dont le texte est rédigé à l'encre noire, avec une rubrication uniquement des en-têtes, contient deux ouvrages d'al-Siyābī. La première partie est un traité défendant l'ibadisme contre les calomnies proférées par d'autres intellectuels musulmans. La seconde, intitulée wahb al-samā fī aḥkām al-dimā (Le cadeau du paradis sur le jugement si le sang coule), principalement en vers, aborde la jurisprudence des blessures corporelles. Elle est divisée en groupes de quelques lignes, chacun rendant le jugement concernant la blessure d'une partie spécifique du corps. Dans le premier ouvrage, Aṣdaq almanāhij fī tamyīz al-ibāḍiyya min al-khawārij (La méthode la plus fiable pour distinguer les ibadites des kharidjites), al-Siyābī déplore les préjugés d'autres érudits à l'encontre des ibadites, affirmant sous forme de questions–réponses que les ibadites sont sunnites, et pas kharidjites. Il déclare dans l'introduction qu'il écrivit ce traité après avoir lu « plusieurs dizaines de livres doctrinaux musulmans », dans lesquels « certains érudits […] sont outrés […], car ils adhèrent à l'opinion selon laquelle [les ibadites] tuèrent 'Alī après avoir tué 'Uthmān ». Il s'agit ici d'une référence aux quatrième et troisième califes de l'Islam, dont les règnes (644−661) marquèrent la séparation entre sunnites et chiites au sein de la communauté musulmane. Historiquement, les khawārij, ou kharidjites, étaient des disciples d'Alī, mais ils le déclarèrent inapte à exercer sa fonction de calife, car ils pensaient qu'il avait compromis sa légitimité en consentant à l'arbitrage durant le conflit qui l'opposa à Mu'āwiyah, partisan d'Uthmān. Ces rebelles furent nommés khawārij, ou « dissidents », du fait qu'ils s'insurgèrent contre les deux camps musulmans et qu'ils déclarèrent ensuite le régime de la majorité musulmane illégitime. Un autre schisme sur les moyens à utiliser pour instaurer un changement politique légitime, qui cette fois se produisit parmi les kharidjites, entraîna l'émergence des ibadites. Aujourd'hui, les adeptes de l'ibadisme vivent principalement en Oman, avec d'autres communautés en Afrique du Nord et de l'Est.

« Du'ā » coranique d'al-Furqānī

« Du'ā » coranique d'al-Furqānī

Ce manuscrit de 13 pages est une du'ā (prière) mystique musulmane attribuée à Sayf ibn 'Alī ibn 'Āmir al-Furqānī, érudit omani ibadite (ou ibādiyya) connu pour ses écrits sur l'ésotérisme islamique. L'ibadisme est une branche de l'islam, dont les origines remontent au VIIe siècle, à l'époque du schisme entre les sunnites et les chiites. Le nom de la doctrine dérive de celui d'Abdullāh ibn Ibāḍ, un des érudits qui la fonda. Aujourd'hui, les adeptes de l'ibadisme vivent principalement en Oman, avec d'autres communautés en Afrique du Nord et de l'Est. L'attribut de nom supplémentaire d'Al-Furqānī, al-Nizwī, suggère qu'il venait de Nizwā, ville comptant parmi les centres d'érudition les plus anciens de l'intérieur des terres d'Oman. Il est difficile de déterminer l'époque à laquelle il vécut, mais une note à la fin de la prière indique que le manuscrit lui appartenait, et une autre, bien qu'écrite avec une encre différente, ajoute qu'il fut copié au mois de rabī' al-awwal de l'an 1318 après l'Hégire (juin 1900). On pense qu'al-Furqānī accomplissait cette du'ā après chacune des cinq prières musulmanes quotidiennes. Le texte dans les marges des deux premières pages fournit des informations sur la nature de la du'ā et sa pratique. Le langage, clairement de caractère soufi, utilise fréquemment des termes tels que nūr (luminosité), 'ilm (savoir), luṭf (sublimité) et sirr (mystère). Sur la dernière page du manuscrit, une autre prière est présentée sous la forme d'une grille quadrillée composée de six colonnes et de six lignes. Chaque carré est divisé en deux triangles qui contiennent l'expression Allāhu 'alīm (Allah est omniscient) et le nombre de fois qu'elle doit être répétée. L'utilisation des lettres de commencement 'a-l-m (le verbe savoir), ainsi que les nombres, évoquent la croyance appelée 'ilm al-Ḥurouf (sciences des lettres), où les lettres, particulièrement celles composant le nom de Dieu, renfermeraient des secrets divins uniquement perceptibles par ceux qui pratiquent la prière assidûment.

Le guide clair sur le mariage des jeunes

Le guide clair sur le mariage des jeunes

'Abd Allāh ibn Ḥumayyid al-Sālimī (1869–1914 env.), poète et érudit omani ibadite (ou ibādiyya) majeur, naquit à Al-Ḥoqain, dans la région de la ville de Rustāq, à l'intérieur des terres d'Oman. L'ibadisme est une branche de l'islam, dont les origines remontent au VIIe siècle, à l'époque du schisme entre les sunnites et les chiites. Le nom de la doctrine dérive de celui d'Abdullāh ibn Ibāḍ, un des érudits qui la fonda. Aujourd'hui, les adeptes de l'ibadisme vivent principalement en Oman, avec d'autres communautés en Afrique du Nord et de l'Est. Al-Sālimī étudia d'abord la jurisprudence islamique auprès d'érudits de l'époque, puis il voyagea dans la région est, où il élargit son savoir en devenant l'élève du célèbre Cheikh Ṣālih ibn 'Alī al-Ḥārithī (1834−1896 env.). Malgré une vie relativement courte, al-Sālimī écrivit de nombreux livres sur des thèmes variés, dont la jurisprudence et la doctrine islamique, le kalām (argument cosmologique), la religion comparée, la grammaire arabe, l''arūḍ (métrique arabe) et l'histoire. Son ouvrage présenté ici, Īḍāḥ al-bayān fī nikāḥ al-ṣibyān (Le guide clair sur le mariage des jeunes), en cinq chapitres, est un court traité bien organisé sur la jurisprudence du mariage, particulièrement destiné à ceux qui ne peuvent pas encore être considérés comme des adultes responsables. Le traité aborde le sujet sous une perspective ibadite. Al-Sālimī commence par diviser les différentes opinions en trois catégories, à savoir l'autorisation, l'objection et l'autorisation conditionnelle, puis il poursuit en les approfondissant avec un examen critique détaillé de chaque catégorie. Le manuscrit est en bon état, et le texte, rédigé à l'encre noire et rouge, inclut une rubrication des emplacements des différentes opinions. Cet exemplaire fut produit par Muḥammad ibn Ṣāliḥ al-Muḥaidharī en 1339 après l'Hégire (1921).

Voyage dans l'atmosphère à bord d'un dirigeable

Voyage dans l'atmosphère à bord d'un dirigeable

Cet ouvrage, Al-riḥla al-jawwīya fī al-markaba al-hawā'iya (Voyage dans l'atmosphère à bord d'un dirigeable), est une traduction arabe par Joseph Elian Sarkis (1856−1932 ou 1933) de Cinq semaines en ballon, roman de l'auteur français Jules Verne, à l'origine publié en 1863. Il s'agit ici d'une seconde édition, produite par l'atelier d'impression jésuite de Beyrouth en 1884 (la première édition parut en 1875). Le roman raconte l'histoire d'un explorateur, le docteur Samuel Ferguson, qui, accompagné d'un serviteur et d'un ami, décide de survoler le continent africain à bord d'un ballon gonflé à l'hydrogène. Un de ses objectifs consistait à découvrir la source du Nil. Dans la traduction de Sarkis, les premiers chapitres sont condensés et l'ensemble de l'ouvrage ne compte que 42 chapitres, comparé aux 44 initiaux. Né à Damas, Sarkis fut l'un des éditeurs et des auteurs arabes les plus notables de son époque. Après avoir vécu un certain temps à Istanbul, il passa la majeure partie de sa vie adulte au Caire. Éditeur, libraire et homme de lettres, il fit également des recherches sur les antiquités en général, mais plus particulièrement sur la numismatique. Sarkis est plus célèbre pour Mu'jam al-maṭbū'āt al-'Arabīya wa al-mu'arraba (Dictionnaire encyclopédique de bibliographie arabe), publié en 1928. Il mourut au Caire.

Annuaire de l'année 1887

Annuaire de l'année 1887

Ce volume est un annuaire de l'année 1887, abordant les événements politiques qui se déroulèrent en Égypte à cette date, ainsi que les activités des différents ministères et services gouvernementaux. L'ouvrage est divisé en 12 parties, dont chacune est consacrée à un mois. Par exemple, les entrées pour le mois de janvier font mention de l'arrivée au port d'Alexandrie du dauphin d'Italie, le futur roi Victor-Emmanuel III, et des cérémonies d'État tenues en son honneur. La partie sur le mois d'avril inclut la nécrologie de Mohammad Charif Pacha, quatrième Premier ministre d'Égypte. L'annuaire fut publié par Maṭba'at al-qāhira al-ḥurra en 1887. Son auteur, Yūsuf Ibn-Hammām Āṣāf (1859−1938), est surtout connu pour son histoire des Ottomans, Tārīkh salāṭīn Banī 'Uthmān min awwal nash'atihim ḥattā al-ān (Histoire des sultans ottomans : de leurs origines à l'époque contemporaine). Né au Liban, Āṣāf s'installa dans un premier temps en Égypte, avant de fonder la maison d'édition al-'Umūmīya au Caire en 1888.

Le don d'al-Nabhani sur l'histoire de la péninsule arabique

Le don d'al-Nabhani sur l'histoire de la péninsule arabique

Al-Tuḥfat al-Nabhānīya fī tārīkh al-jazīra al-'Arabīya (Le don d'al-Nabhani sur l'histoire de la péninsule arabique) est un ouvrage de Muḥammad ibn Kahlīfa ibn Ḥamd ibn Mūsā al-Nabhānī (1883 ou 1884−1950 ou 1951), qui enseigna à la Masjid al-Ḥarām à La Mecque (comme son père). Al-Nabhani commença cet ouvrage à un jeune âge. À son retour d'un voyage à Bahreïn, on lui demanda d'écrire un livre sur l'histoire des souverains contemporains de Bahreïn, de ses anciens émirs et de leurs relations amicales et hostiles. Projetant initialement de limiter son œuvre à l'histoire de Bahreïn, al-Nabhānī l'intitula d'abord al-Nubdha al-laṭīfa fī al-ḥukkam min al-Khalīfa (La partie plaisante sur les souverains de la maison des califes). Il changea son titre lorsqu'il la développa pour inclure l'ensemble de la péninsule arabique. Le neuvième chapitre du livre est une longue partie (dont les pages sont numérotées indépendamment) sur Bassora (aujourd'hui en Irak), où al-Nabhani officia brièvement en tant que juge et où il fut emprisonné par les Britanniques pendant la Première Guerre mondiale. L'exemplaire présenté ici est une seconde édition révisée et développée, publiée en 1923−1924 par la maison d'édition Maṭba'at al-maḥmūdīya au Caire.

Initiation à l'étude de l'éloquence des Arabes

Initiation à l'étude de l'éloquence des Arabes

Muqaddama li dirāsat balāghat al-'Arab (Initiation à l'étude de l'éloquence des Arabes) est un ouvrage sur la littérature, ou belles-lettres, arabe. L'auteur, Aḥmad Ḍayf, fut enseignant à l'Université égyptienne (renommée par la suite Université du Caire). Le livre était destiné aux étudiants de l'université, leur servant de guide d'études pour comprendre l'éloquence littéraire. Il décrit brièvement le mouvement littéraire arabe moderne, et porte sur d'autres thèmes, notamment les belles-lettres et la société, ainsi que les différentes catégories de la poésie arabe, telles que la poésie de l'époque de la jâhilîya, littéralement « la poésie de l'ignorance ». Cette poésie préislamique constitue une source majeure pour le vocabulaire et la grammaire arabes classiques. Certains considèrent les poèmes de cette ère encore existants aujourd'hui comme les plus beaux de la poésie arabe toutes périodes confondues. En outre, Ḍayf fournit une étude sur la critique littéraire en France, de Pierre de Ronsard (1524−1585) à Boileau (Nicholas Boileau-Despréaux, 1636−1711), qui furent tous deux poètes et critiques. Il aborde également des critiques littéraires ultérieurs, dont Hippolyte Taine (1828−1893) et Ferdinand Brunetière (1849−1906). Le livre fut publié en 1921 par la maison d'édition d'al-Sufūr au Caire.

Le contentement de celui qui cherche les compositions arabes les plus célèbres imprimées par les presses orientales et occidentales

Le contentement de celui qui cherche les compositions arabes les plus célèbres imprimées par les presses orientales et occidentales

Auteur et diplomate américain, Edward Van Dyck fut employé consulaire et vice-consul au Liban et en Égypte de 1873 à 1882. Il était le fils du missionnaire Cornelius Van Dyck, médecin qui fut professeur de pathologie à l'Université protestante syrienne (future Université américaine de Beyrouth), également célèbre pour son édition arabe de la Bible. Kitāb iktifā' al-qanū' bimā huwa matbu' min ashhar al-ta'ālīf al-arabīya fī al-maṭābi' al-sharqīya wa al-gharbīya (Le contentement de celui qui cherche les compositions arabes les plus célèbres imprimées par les presses orientales et occidentales) est un dictionnaire bibliographique d'ouvrages imprimés en arabe, publié par Edward Van Dyck en 1896. Le livre est composé d'une introduction et de trois parties. La première partie traite de « l'intérêt des Européens pour la langue arabe ». La seconde est consacrée à « la littérature arabe, de ses origines à l'époque peu après la chute de Bagdad ». La troisième couvre la littérature arabe « du XIIIe au XVIIe siècle [après J.-C.] ». Le livre inclut un index des ouvrages littéraires abordés dans le texte, ainsi qu'un index des auteurs. Le corps principal du livre fut achevé le 9 septembre 1896, tandis que les index furent ajoutés l'année suivante. Ceux-ci sont suivis de la note : « L'impression fut réalisée en avril 1897, une fois les index terminés ». Ce dernier commentaire de l'auteur est daté de mars 1897, indiquant que l'année de publication 1896 imprimée sur la couverture de l'ensemble de l'ouvrage est une erreur. Le livre fut édité par Muḥammad 'Alī al-Bablawī et publié par Maṭba'at al-ta'ālīf (al-hilāl) au Caire.

Le flambeau des rois

Le flambeau des rois

Sirāj al-mulūk (Le flambeau des rois) est un ouvrage de Muḥammad ibn al-Walīd al-Ṭurṭūshī, imam malikite également appelé Ibn Abū Zandaqa. Al-Ṭarṭūshī naquit à Tortosa, en Catalogne (à l'époque en al-Andalus, aujourd'hui en Espagne), en 1059 ou 1060. Il mourut à Alexandrie, en Égypte en 1126 ou 1127. Sirāj al-mulūk, son ouvrage le plus célèbre, prend pour thème la théorie politique. L'édition présentée ici fut publiée en 1888−1889 par Maṭba'at al-khayrīyah au Caire. Selon Kitāb iktifā' al-qanū' bimā huwa matbu' min ashhar al-ta'ālīf al-arabīya fī al-maṭābi' al-sharqīya wa al-gharbīya (Le contentement de celui qui cherche les compositions arabes les plus célèbres imprimées par les presses orientales et occidentales), dictionnaire bibliographique de littérature arabe, publié par Edward Van Dyck en 1896, une édition plus ancienne de l'ouvrage fut imprimée à Alexandrie en 1872 ou 1873. Les marges du livre contiennent le texte d'al-Tibr al-mabsuk fī naṣā'iḥ al-mulūk (Le lingot d'or des conseils aux rois), traduction du persan en arabe de Naṣīhat al-mulūk (Conseils aux rois) d'al-Ghazzālī. Né à Tûs, en Perse (aujourd'hui l'Iran), en 1058, al-Ghazzālī fut l'une des sommités intellectuelles les plus notables du monde islamique. Toutefois, certains remettent en cause la paternité d'une grande partie de Naṣīhat al-mulūk, notamment pour des raisons stylistiques.

Voyage d'un Syrien en Amérique centrale et du Sud

Voyage d'un Syrien en Amérique centrale et du Sud

Le père Henri Lammens naquit dans une famille catholique à Gand, en Belgique, en 1862. Il rejoignit les jésuites à l'âge de 15 ans, puis il s'installa définitivement au Liban. Il maîtrisait le latin et le grec, et enseigna l'arabe à Beyrouth. Lammens produisit son premier ouvrage, un dictionnaire arabe intitulé Farā'id al-lugha (Les perles de la langue), en 1889. Il fut également éditeur pour le journal jésuite de Beyrouth al-Bashīr (L'évangéliste). Il écrivit de nombreuses œuvres, en particulier sur l'histoire de l'Arabie durant la période préislamique, mais également sur la dynastie omeyyade. Ses ouvrages d'érudition sont entachés d'un manque d'objectivité et d'une opinion souvent polémique et virulente à l'égard de l'islam. Remarques sur les mots français dérivés de l'arabe, Tasrīh al-abṣār (sur les sites archéologiques au Liban) et Études sur le règne du calife omeyyade Mu'āwiya Ier comptent parmi ses œuvres les plus célèbres. Lammens mourut à Beyrouth en 1937. Al-Riḥla al-sūrīya fī Amīrka al-mutawwasiṭa wa al-junūbīya (Voyage d'un Syrien en Amérique centrale et du Sud) est inspiré de son périple en Amérique et ses essais le relatant parus dans al-Bashīr en 1893 et 1894. Ces écrits, traduits en arabe par Rachid Chartouni, furent publiés sous forme de livre par l'Imprimerie catholique de Beyrouth en 1894. Dans le livre, l'auteur fournit des informations sur les pratiques religieuses, l'agriculture, l'industrie, le commerce et la démographie des pays qu'il visita, notamment Cuba (chapitres 1−3), la Jamaïque (chapitre 4), le Mexique (chapitres 5−11), le Honduras britannique (aujourd'hui le Belize, chapitre 12), le Guatemala (chapitre 13), le Honduras (chapitre 14), le Nicaragua (chapitre 15), le Costa Rica (chapitre 16), le Panama (à l'époque un département de la Colombie, chapitres 17−19), la Colombie (chapitres 20−23) et l'Équateur (chapitre 23).