Codex techialoyan de Cuajimalpa

Description

Le codex techialoyan de Cuajimalpa est l'un des codex techialoyans, nom générique donné à un ensemble de documents produits par le même groupe de personnes dans une vaste région du centre du Mexique, principalement de 1685 à 1703. Le codex décrit une réunion des notables de la ville de San Pedro Cuajimalpa, tenue en vue de confirmer ses limites territoriales, les lieux qui en font partie, ses districts et ses banlieues. L'objectif de cette cérémonie, une combinaison des anciennes pratiques culturelles mésoaméricaines et européennes, consistait à légitimer la possession de la terre. Le texte et les images sont complémentaires et portent les signatures des notables présents. L'iconographie est riche en représentations de plantes et en éléments architecturaux des peuples indigène et européen. Tout au long de son histoire, San Pedro Cuajimalpa utilisa ce document pour prouver son droit à ses terres, qu'elle conserva jusqu'en 1865. Cette même année, Maximilien de Hapsburg et sa femme Carlota visitèrent le Couvent du Desierto de los Leones (Désert des lions), où ils débatèrent avec les résidents et les villes avoisinants. Suite à cette réunion, les résidents de Cuajimalpa présentèrent ce document à un tribunal pour sa traduction du nahuatl à l'espagnol et son authentification, effectuées la même année par le paléographe Francisco Rosales. À la fin du XVIIe siècle, les populations indigènes du Mexique ont évolué et ont par conséquent essayé de recouvrer les terres qui avaient été converties en haciendas, en ranchs et en villes ; le gouvernement vice-royal était à la recherche de nouveaux mécanismes pour régulariser le régime foncier. Des documents indigènes étaient utilisés comme actes de succession pour prouver l'ancienneté des villes et leur possession de terres. Les villes voulaient fournir des preuves qu'ils étaient les cabeceras (sièges judiciaires), et non des populations assujetties, et d'anciennes agglomérations ayant des frontières délimitées depuis longtemps. On dénombre cinquante exemples de l'existence des Techialoyans. Nombre de ces documents sont écrits à l'encre d'origine européenne, dans la langue nahuatl, utilisant l'alphabet latin en lettres majuscules et texte sommaire, et souvent sur du papier d'amate (papier d'écorce). Des éléments iconographiques se répètent d'un codex à l'autre et la plupart utilisent une aquarelle opaque et dense. Parmi les motifs apparaissant très souvent se trouvent des populations indigènes, des églises, des collines et des plantes. Les textes se répètent aussi dans plusieurs documents, bien qu'ils fassent référence dans chaque cas à une ville précise. Les agglomérations qui ont commandé un codex techialoyan se sont assuré qu'il contenait les renseignements essentiels sur la création et l'histoire de la ville. C'est pour cela que ces codex contenaient des descriptions ou des images d'exploitations agricoles et forestières, des éléments géographiques délimitant les propriétés et des informations concernant de nobles dirigeants ou leurs représentants ainsi que la superficie des agglomérations et des quartiers. Actuellement, le codex techialoyan de Cuajimalpa figure aux Archives générales de la nation du Mexique, dans le Groupe d'archives de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, volume 3684, dossier 1, feuilles 1 à 27.

Dernière mise à jour : 2 juillet 2014