Le trésor de Khvarazm’Shah

Description

Ismā‘īl ibn Ḥasan Jurjānī (1042–1136 env., également appelé Jorjānī et Gurjānī), plus connu sous le nom d'Hakim Jurjānī, fut l'un des médecins les plus renommés de l'Iran du XIIe siècle. De la conquête islamique à l'époque de Jurjānī, quasiment tous les ouvrages scientifiques iraniens étaient écrits en arabe, y compris des œuvres majeures comme al-Qānūn fī al-tibb (Le canon de la médecine) d'Ibn Sina (Avicenne). Premier grand livre médical de l'Iran postislamique écrit en persan, l'encyclopédie médicale de Jurjānī, Zakhīrah-i Khvārazm’Shāhī (Le trésor de Khvarazm’Shah), devint rapidement une ressource essentielle aux médecins iraniens, utilisée pendant plusieurs siècles. Il fut également traduit en hébreu, en ourdou et en turc. Cette œuvre volumineuse est composée de dix parties. Dans la longue préface, Jurjānī décrit en détail le climat, la géographie et les maladies courantes du Khwarezm (aujourd'hui le Khorasan), province située au nord dans laquelle il vivait. Après cette présentation du contexte, il explique la nécessité d'écrire un manuel médical dans sa langue natale. L'organisation du Zakhīrah en dix parties est semblable à celle du Canon d'Avicenne. Dans la terminologie médicale actuelle, ces dix parties abordent les sujets suivants : (1) l'anatomie, la physiologie, ainsi que les tempéraments, les humeurs et les éléments connus, (2) la pathophysiologie générale (notamment un chapitre décrivant les types de pouls et un chapitre sur les causes de la mort), (3) l'hygiène et la nutrition (avec des chapitres distincts sur les maladies infantiles, les maladies liées à l'âge et particulièrement les maladies contractées lors de voyages), (4) les diagnostics et les pronostics, (5) la fièvre et sa classification, (6) les traitements (volume de l'encyclopédie le plus recherché par les médecins de l'époque), (7) les maladies infectieuses, (8) les maladies de la peau, (9) la toxicologie et (10) la pharmacologie. Le manuscrit présenté ici, créé au XIIe siècle, contient des illustrations et des enluminures remarquables, et il s'agit de l'un des exemplaires les plus anciens du Zakhīrah encore existants aujourd'hui. Il est conservé dans la collection de manuscrits de la Bibliothèque et archives nationales de la République islamique d'Iran.

Dernière mise à jour : 14 décembre 2012