Traité sur la création du monde

Description

Ce manuscrit, contenant un Tractatus de creatione mundi (Traité sur la création du monde) du Livre de la Genèse, suivi d'une narration de la Passion du Christ (feuillets 99r à 128v), constitue l'un des exemples les plus significatifs de l'enluminure siennoise de la fin du XIIIe siècle. Les images, des dessins à l'aquarelle et des enluminures proprement dites, furent réalisées par un artiste siennois extrêmement sophistiqué, qui fut considérablement influencé par les miniaturistes transalpins et actif entre 1290 environ et la décennie suivante. Dessinées d'une main rapide et précise, les illustrations se distinguent par leur style remarquablement fluide, chose inhabituelle dans les productions siennoises de l'époque, et par une qualité seulement égalée par la spontanéité de la narration et une main exceptionnellement gracieuse. L'illusion spatiale, utilisée de façon saisissante dans les détails des paysages, prouve que l'artiste connaissait les innovations du peintre siennois Duccio di Buoninsegna (1255–1319 env.). Les érudits ont avancé différentes théories sur l'identité de l'artiste, appelé le maître du Tractatus de creatione mundi, qui réalisa la série d'enluminures illustrant les épisodes de la Création et de la vie d'Adam et Ève. L'historien de l'art Luciano Bellosi suggéra qu'il s'agissait de Guido di Graziano, créateur de la tablette de Biccherna de 1280, aujourd'hui dans les archives d'État de Sienne. Bellosi attribue à Guido un grand nombre d'œuvres, y compris le retable de Saint-Pierre conservé à la pinacothèque nationale de Sienne, dont le style concorde avec celui des illustrations de ce manuscrit. Toutefois, selon Ada Labriola, le miniaturiste anonyme était plus jeune que Guido et fut probablement formé dans son atelier. Sa conclusion repose sur le style narratif moderne et le fait que l'artiste connaissait clairement les innovations de Duccio et du peintre florentin Cimabue (1240–1302 env.). Labriola pense également que la main de ce miniaturiste est différente, bien que très similaire, de celle du créateur d'une Crucifixion avec la Vierge et saint Jean et d'une initiale enluminée (feuillets 99r et 99v) décorant le Passio Iesu Christi composita ex quattuor evangelistis (Maestro du duecento de l'hagiographie dominicaine). Le manuscrit est relié dans un codex composite regroupant cinq manuscrits de différentes provenances et périodes (datant de la fin du XIIIe siècle à 1521 environ), dont la disposition, le style graphique et le format varient également.

Langue

Titre dans la langue d'origine

Tractatus de creatione mundi

Lieu

Thème

Type d'élément

Description matérielle

48 feuillets : parchemin avec dessins à l'aquarelle et enluminures ; 207 × 147 millimètres

Notes

  • Cote : ms. H.VI.31[3]

Références

  1. Biblioteca comunale degli Intronati, The Biblioteca comunale degli Intronati for The James Madison Council: manuscripts, incunables, drawings and prints (Siena: 2011).

Dernière mise à jour : 1er août 2014